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La Bretagne

Breizh / Brittany

Avec Lyonesse, Trevor boucle une dernière tournée en Italie. Toujours amoureuse Annie s'est en revanche lassée de la force d'inertie de son époux face aux taches domestiques. Trévor a reçu un magistral coup de pied au derrière qui l'a propulsé jusqu'en Bretagne où, dans un excellent français, il se présente comme un troubadour celte de Cornouailles.

En août 1973, le chanteur breton Gweltaz ar Fur est appelé sous les drapeaux. Un an plus tard, il retrouve bientôt Trevor : « A mon retour du service militaire obligatoire auquel je n'avais pu échapper, il vint s'établir en Bretagne et je l'hébergeai pendant plusieurs mois. Il participa à mon disque "Bonedoù Ruz" au chant, la pandora, le concertina..."

Nous somme alors en 1975. En studio, Trevor est aux côtés de l'irlandais Mick Hanly (The Monroes, Moving Hearts...), du sonneur breton Andreo Tomaz (groupe Skeduz). Gweltaz poursuit : "nous tournions ensuite ensemble avec Gégé Lhomme (guitare, dulcimer) André Thomas (Bombarde, binioù-kozh, Shenai, Clarinette, Bodhran) et Mikael Moazan ( Violon, mandoline). »

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En juillet 1975, deux titre de Trevor-Sheldon sont repris par The Wurzels sur leur album The Wurzels Are Scrumptious. Il s'agit de l'inusable Don't tell I et de The verger.

La même année, les Muleskinners interprètent eux aussi Don't Tell I, Tell 'Ee sur leur LP produit chez Hillside et intitulé The Same As Alway.

1975 est aussi l'année où Peter Nalder chante sur l'album Narsty Tayles un morceau qu'il a composé avec Trevor : Diggery Venn, The Raddle Man, chez Folksound records.

En octobre 1975, Trevor contacte Chris Joe Beard. Il a pour idée de former un duo avec cet amateur de Jug band. Trevor se rend à Buxton, Desbyshire, où Beard le découvre assis sur un muret, fumant tranquillement la pipe,  arborant des sabots bretons. Il est encerclé par ses valises et boîtes d'instruments. Chris pense que cet accoutrement n'a sans doute rien de choquant en Bretagne. Mais à Buxton...

Le duo Crozier-Beard


On installe Trevor dans un garage qui fait aussi station service. Il partagera le lieu avec un ami de Beard : Chris Wainwright. Les répétitions commencent...

Durant l'hiver, le duo écume les folk-clubs. On le retrouve au festival de Pâques 76 à Poynton où ils se produisent tantôt séparément, tantôt ensemble. Ils participent aussi à deux ou trois sessions avec Middel wood swamp band, groupe vite assemblé dans le style cajun, les frères Sauders, Martin et Rob et plusieurs musiciens locaux.

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De gauche à droite : K. Lightowler, Trevor avec un nœud papillon à pois roses, T. Wilkinson, Chris Joe avec la jaquette scolaire de l'école de Market-Drayton ayant appartenu à Trevor, feue Mary Asquith, Brian MacNeil, le violoniste écossais de Battlefield band et feu Tony Davies, ex Purples II et Jericho jug band (Coll. CJ Beard).

En juillet 1976, voilà nos deux compères sur la grande scène n° 2 du festival folk de Cambridge. (Photo ci-contre, coll Beard)

On les voit aussi au grand festival du Lancashire qui porte le nom de Charnock Richard. Après quelques concerts mineurs, plusieurs voyages dans le Nord-Est, cap sur la Bretagne...

MacTrevor and Joe


Lesley, la fiancée de Chris, accompagnera le duo. Ils partent à bord d'un camping-car bleu surnommé Terry. Nuit à Sidmouth, on gagne sous le pluie de car-ferry de Portsmouth à Saint-Malo. Durant la traversée, au mieux avec le capitaine, Trevor est invité à la passerelle.


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Changement de rive, changement de nom. Le couple se produira en Armorique sous le nom de duo MacTrevor and Joe. Mac Trevor, c'est le surnom dont est affublé ici Trevor Crozier. Son partenaire a pour consigne de ne surtout pas révéler leurs origine : le Chershire. Non, aux Bretons, il faut se présenter comme des bardes cornouaillais.

Trevor a une petite notoriété depuis son album avec Broken Consort. The Wurzels ont encore repris deux de ses chansons dans leur album The Wurzels are Scrumptious enregistré chez EMI en juillet 75 : Don't Tell I, Tell 'Ee et The verger. Mais il y a surtout sa participation à Lyonesse. Et puis Trevor possède bien le français. Sur scène, tandis qu'il parle de son partenaire, figé dans l'incompréhension, Crozier, en parfait Monsieur Loyal, se paye la tête de Chris. Ce qui fait hurler de rire le public. Chris n'ose demander ce que dit Trevor de lui, de toute façon, il lui mentirait. Alors, pince sans rire, il joue le faire-valoir et voilà qui fera partie de la mise-en-scène.

Nos trois Britanniques seront basés à Quimper, hôtel des Douves, chez Bernard Marie-Yvonne Orhon qui adorent Trevor. Bernard est un excellent sonneur. Sa longue barde évoque à Chris le postier que Van Gogh peignait continuellement. Sauf que là, il porte un tablier blanc et une toque de chef-cuisinier.

C'est aux Douves que le duo aiguise son show. Les deux musiciens se tiennent embusqués derrière un rideau et interviennent en fin de repas. Chris est plutôt réservé. Alors c'est Trevor qui passe le chapeau et, devant la fierté de son partenaire, le menace bientôt de ne plus partager le contenu. 

La canicule de 76


Depuis mai 76, mois où mon épouse accoucha de notre seconde fille, Nolwenn, sévissait une forte canicule. Le 25 août, Lesley fêtait ses 26 ans. Bernard prépara un gâteau aussi chaud que la température extérieure. "Nous étions dans un état léthargique. Quand soudain arriva le bagad Kemper. En masse. Ce fut une soirée mémorable."  Surtout quand retentit le téléphone. C'était Alan Stivell qui annonçait son arrivée. A condition que la presse locale n'en soit pas avertie. 

— Ce type est vraiment fameux ? demande Chris à Trevor

Un hochement de tête approbatif lui répond simplement à travers un épais rideau de fumée de pipe.

Vingt minutes plus tard, après avoir garé son nuage dans la rue, Stivell apparaît dans l'arrière-cuisine. Acclamations. A la fin de la soirée, tout le monde embrasse Lesley sur les deux joues, y compris le célèbre harpiste.

Photo ci-dessous : Youenn Bihan au biniou coz, le folksinger anglais Paul Wright, Erwan Roparz, sans barbe et à la bombarde alors qu'il est le pen soner du Bagad Kemper, derrière-lui, deux de ses sonneurs, les frères Whouez. (Coll. Beard)

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Mac Trevor and Joe sont bientôt  à l'affiche d'un fest-noz anti-nucléaire à Plogoff où Dan ar Braz, le guitariste de Stivell, tient la vedette. Après leur passage sur scène, Trevor, Chris, Lesley et Paul Wright forment une équipe de Cornouailles pour disputer un concours de boul-ten. La chance sourit aux néophytes. Chris réalise un exploit et gagne une barrique de cidre. Il est porté en triomphe autour du champ de bataille. On le retrouve le jour suivant complètement ivre dans une étrange maison en compagnie d'un type bizarre. Ce qui ne sembla pas affecter outre mesure Trevor. Par contre Lesley...

Le mariage breton



Un soir, le duo se produit dans un mariage breton. Nous sommes dans un petit village du côté de Quimperlé. En 1941, son appareil abattu par les Allemands, un pilote de la RAF s'était parachuté. Resté accroché aux branches d'un pommier, les villageois l'en avaient délogé avant l'arrivé des Allemands. D'une famille riche, bienfaiteur du village, il revint s'établir ici après guerre et ce soir-là, on mariait donc sa fille...

Trevor et Chris sont juchés sur une barrique de cidre, elle-même posée sur un plus gros tonneau. Chaussés de sabots, ils battent la mesure d'airs bretons qu'ils ont appris. Et ont l'impression de remonter le temps. "Comme dans un vieux tableau de Gauguin, les locaux dansaient autour de nous en costume traditionnel et en se tenant par le petit doigt..." 

Plus tard, dans la soirée, des séparatistes bretons, théorisant sur l'indépendance de la Bretagne, sympathisèrent avec nos prétendus troubadours celtes. Au point qu'ils montrèrent à Chris et Trevor le dispositif qui allait bientôt exploser au château de Versailles. "Il était caché dans une serre à l'arrière de la ferme..."

J'espère qu'ils ne tueront personne, lâche Chris à Trevor.

Surtout ne dis rien et n'oublie pas que nous sommes Cornouaillais !

Chris ne put s'empêcher de s'en ouvrir à Lesley, et, assis, réfléchit longuement. Puis il décida qu'il était définitivement originaire du Cheshire, qu'il ne voulait se séparer de personne. Excepté des séparatistes...

Les amours de Trevor


Trevor entretint bientôt une liaison avec une charmante demoiselle prénommée Anne-Marie. Son père, très vieille France, détestait cet anglais en pantalon orange. "Cette fille vivait avec sa sœur. Mais quand leur père a découvert que nous descendions chez elles, il a fait enfermer sa fille loin de là dans un couvent. Trevor a été autorisé à lui rendre visite. Mais une seule fois. J'y ai assisté sous la surveillance étroite d'une religieuse." Elle fut cependant autorisée à rentrer chez elle à la condition expresse de ne plus rencontrer Trevor. Dès que le père repartit vaquer à ses affaires, le van des Anglais vint bien entendu se garer près de chez la belle. Un matin, Lesley va faire avec elle le tour du jardin tandis que dans la cuisine Chris et Trev attaquent les cornflakes. Soudain, le chien de la maison fait irruption en jappant dans la pièce. Un chien qui faisait partie sans doute du dispositif de surveillance établi par le père de la jeune-fille pour dissuader les prétendants. En tentant d'échapper à ce dogue jugé enragé, Trevor se retrouve coincé dans une fenêtre. Il fallut l'aide d'une échelle, l'intervention d'un type en bleu de chauffe, pour le tirer de ce mauvais pas. La vue de ce ressortissant britannique en si fâcheuse posture fit beaucoup rire les voisins qui jugèrent l'excentricité des Anglais totalement incurable. 

Le départ des Beard


 La canicule était toujours là et Chris Joe souffrait d'une allergie à la chaleur se traduisant par de folles démangeaisons. Son état empira après avoir consommé des fruits de mer. Lesley suggérait un retour immédiat au Royaume-Uni mais Trevor ne voulait rien entendre. Le couple alla se rafraîchir en un endroit appelé la Roche-Percée. Là, Chris perdit en se baignant ses antiques lunettes de soleil qu'un ami, Gigi, lui avait ramené de Forêt noire. C'en était trop, les Beard mirent un point final à leur séjour breton tandis que Trevor refusait de les suivre. 

Mais Terry, le van des Beard présentait lui aussi des signes de fatigue. Un mécanicien de Quimperlé passa paraît-il la journée à réparer l'engin. Le père de Yann Fañch Perroches, croit se souvenir Joe. Ce que dément formellement le fils de l'intéressé... Roscoff, Porthmouth, l'hôpital de Truro, Cheschire, les Beard laissent Trévor affronter son destin.

Resté en Bretagne, Trevor s'efforce de faire son trou. Difficilement. Si l'on assiste à un renouveau de la musique traditionnelle, l'humour du Scrumpy & Western music n'est pas perçu par le public breton pour qui la musique médiévale n'est non plus sa tasse de thé, d'ailleurs il boit rarement du thé. Enfin, en matière de folk celtique, on trouvera toujours mieux qu'un Trevor seul en scène. Celui qui se prétend Cornouaillais, à l'instar de Brenda Wooton, n'a de commun avec elle qu'un généreux embonpoint. J'ai enregistré un concert de notre troubadour à l'auberge de Kervao, vieille route de Concarneau,  à Quimper. Dès qu'il ouvre la bouche pour chanter, on entend distinctement une spectatrice hurler de rire en entendant cette voix de drunken sailor.

Son second album



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Here is a photo of Trevor singing Trouble Over Bridgwater at the recording session in summer 1976 at Poynton. (Joe Beard)

Lorsqu'il retourne en Angleterre, une lettre de Bob Barrett, responsable musical chez One un records, lui suggère d'enregistrer un disque avec son partenaire. Mais pas sous le nom de Crozier and Beard. Non, sous celui de Trevor Crozier and friends. En écrivant Trouble over Bridgwater, Chris donne cependant le titre générique de l'album sur lequel Trevor reprend ses deux grands succès : Don't Tell I, Tell 'Ee et Dead dog scrumpy.

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L'enregistrement se fit en public en une seule prise au folk-club de Poynton. Le duo s'adjoint la participation du violoniste Barry Dransfield, de Bob Kerr (Whopee band), de Vic Gammon (The Etchingham Steam Band) au mélodéon, Tony Moss (Purple Gang) à la basse, Chris Joe Beard à la guitare et Bernard Orhon qui vient de Bretagne interpréter un florilège d'airs de cornemuse. 

Ci-dessous, un article de presse paru après l'enregistrement du disque. (Coll. Beard). Le papier parle du 5e album de Trevor. C'est en réalité le second, du moins à titre personnel.

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Escapade écossaise


L'enregistrement terminé, Trevor se rendit à Glasgow saluer son ami Callum Allan, violoniste des  Clutha chez qui il sera hébergé longuement plus tard. En prenant l'ancien nom de la rivière Clyde, le doyen des groupes folk écossais a été fondé en 1964 par quatre libraires de la maison Mitchell. Très vite, The Clutha compte six membres qui puisent dans les rayons de la librairie de vieux airs traditionnels. Le groupe a influencé fortement le renouveau du folk écossais. Trevor sera très apprécié de tous les musiciens du groupe. Lorsqu'il séjournera à Glasgow, Callum se chargera de lui trouver des contrats dans les folk-clubs mais aussi à la BBC dont les programmes matinaux étaient friands de Shanties.

He was quite a remarkable and charismatic individual !

Callum Allan, The Clutha.

Back to Breizh


A l'automne de 1976, Trevor regagne la Bretagne. Puis réapparaît très vite en Angleterre, flanqué de Yann Fañch Perroches, joueur d'accordéon diatonique débutant. Yann se souvient du voyage où Trevor aurait encore réussi à se faire inviter à la passerelle par le pacha de ferry : " C'était entre Saint-Malo et Porstmouth. Nous y dégustâmes un fameux whisky. Une fois arrivés au port, le Commandant Thomas nous avait invités à dîner au mess des officiers, pendant que les passagers débarquaient. C'est pourquoi nous avons débarqué nous-mêmes avec pas mal de retard... Les douaniers étaient furieux car ils ne pouvaient laisser embarquer personne tant que tous les passagers n'étaient pas descendus du navire ! Nous avons eu droit à une fouille en règle. Ce genre d'anecdote était monnaie courante avec Trévor."

Crozier et Perroches participent à une émission de la BBC, le Wally Whyton show. Yann Fañch : "Nous avons enregistré l'émission tous les deux, accompagnés par le contrebassiste de service de la BBC qui a totalement improvisé sans avoir jamais entendu les morceaux avant. Parmi eux, une suite d'an dro. Il nous avait juste demandé la tonalité !...

Tu parles d'un frère de Trevor bossant à la BBC. Trevor avait effectivement un frère, il habitait Londres, mais dans mon souvenir il était avocat. On a squatté quelques jours chez lui (grande spécialité Trevoresque), avant de se faire virer (autre grande spécialité Trevoresque). Je me souviens qu'on n'avait pas un rond, on faisait la manche dans le métro en attendant désespérément le paiement des royalties du disque de Trevor... On avait à peine de quoi s'offrir un fish and ships, mais le champagne a coulé à flots dans les studios de la BBC. C'était en été 1977."

Trevor tentait encore de convaincre son vieux partenaire de s'en retourner avec lui en Bretagne. Mais, découragé par le laxisme de son ami, Chris avait d'autres projets. Et puis il vendait des partitions pour le compte d'une maison d'édition. Voilà en tout cas nos deux lascars partis quelque temps sur les routes du nord de l'Angleterre avec la voiture de fonction et chantant le soir dans les pubs. Ce qui vaudra le licenciement de Chris et la saisie du véhicule. Début 1977, Trévor regagne la Bretagne. Sans lui...

Ci-dessous, tirée à la photocopieuse, une affichette que j'avais réalisée. Elle permettait à Trevor d'annoncer ses spectacles sur la vitrine des pubs. Cet exemplaire a été colorié en rouge et dédicacé par Trevor. Au centre, Bernard Orhon quittant ses fourneaux pour donner l'aubade à ses clients. A droite, nouvelle affiche après l'enregistrement du disque (coll. Laurent Quevilly).

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Rentré en Bretagne, Trevor se produit vaille que vaille en solo ou aux côtés de la chanteuse irlandaise Jane Cassidy et encore dans l'ombre de Gweltaz. Toujours en 1977 paraît une compilation de Lyonesse, Celtic legends. Trevor y est présent dans quatre morceaux. Mais ses affaires ne s'arrangent pas. Il eut une éphémère histoire d'amour avec une belle infirmière de mes amies. Ma femme et moi l'avons accueilli quelque temps au 53 de la rue de Pen-ar-Stang, 3e étage. Comme d'autres, nous lui avons prêté de l'argent. Et comme Trevor ne pouvait rembourser ses dettes, il a tenu à m'offrir sa mandoline Yamaha dont il ne faisait guère usage. Moi non plus du reste et elle est toujours accrochée au mur de mon salon. A Quimper, Gweltaz garde quant à lui sa douze cordes et son concertina. Trevor chez moi, passant du lit au salon et du salon à la table, faisait ouvrir des yeux ronds à ma fille aînée. Cette force d'inertie hirsute parlait avec un drôle d'accent et toussait très fort dans son potage.

Je me souviens vaguement avoir conduit un jour Trévor de Quimper à Roscoff pour qu'il y prenne le car-ferry. A mi-chemin, chargés de bagages et de boites d'instruments, le moteur de ma vielle Coccinelle avait rendu l'âme à hauteur de Châteaulin. Je pense que c'est mon épouse qui, bonne auto-stoppeuse, nous tira d'embarras en allant récupérer à la hâte notre seconde voiture à Quimper. Durant tout ce temps, Trevor était resté stoïque, assis à la place du mort. Bref, il portait la poisse, surtout en voiture. Jusqu'au jour où sa vie va prendre un tournant totalement inattendu...

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